mercredi 17 décembre 2008

Glaciéristes : Extrémistes

Je viens de découvrir un sport !!!

Grâce à un fabuleux article publié sur La Dépêche, j'ai eu envie de tester un sport quasi inconnu du grand public.
Avec Florent, nous avons donc décidé Samedi de découvrir... l'Escalade sur Glace.

En effet, l'auteur de cet article décrivait de manière très spectaculaire cette discipline qu'il considère comme "sport d'hiver de l'extrême". Or, il s'avère que je suis un peu tête brulée et que les expériences extrême m'attirent. Je me suis donc renseigné auprès d'une bande de jeunes (du CAF je crois) qui s'adonne à cette pratique. On m'a alors conseillé un sportif de l'extrême spécialiste de l'escalade sur chute d'eau glacée nommé Rémi T.

Rémi, mesurant sa force
C'est ainsi que notre trio s'est retrouvé à Gavarnie à 7h du matin au pied d'une montagne glacée de 250m. L'auteur de la Dépêche n'avait pas menti. Munis de bottes à crampons, nous nous élevâmes doucement sur cet édifice de glace tandis que les premières sensations se faisaient ressentir. C'était bien ce que j'étais venu chercher ici : une montée d'adrénaline due au danger, à la hauteur et au risque.

Durant cette journée, seuls sur la paroi nous n'entendions que nos souffles et les craquements de la glace. Florent m'avouera plus tard avoir ressenti une vraie bouffée d'exaltation alors qu'il gravissait les derniers mètres.

Rémi qui faisait office de guide remercia à la fin de la journée la qualité de notre compagnie ainsi que mon remarquable sens de l'humour.
Cependant, bien qu'il déclara à Florent : "Tu le ramène quand tu veux ton pote", je ne me sens pas près pour la pratique de ce sport beaucoup trop extrême et préfère davantage me réserver dans une autre discipline de l'extrême à savoir le skeleton*.

Florent, les mains rivées aux piolets
Pour finir, je tiens à remercier La Dépêche pour la qualité de leurs articles à sensations qui permettent grâce à une certaine banalisation du langage technique la découverte de disciplines remarquables.





*Skeleton (pour les incultes) : Descente d'un couloir de glace sur une planche à patin

jeudi 13 novembre 2008

Wadi Rum – Du 25 octobre au 2 novembre.


Nous voici de retour d’une belle découverte, celle du désert du Wadi Rum. Une semaine c’était trop court, mais amplement suffisant pour nous donner l’envie d’y retourner au plus vite.

Le voyage commence à Amman quand je retrouve mes 9 compagnons de voyage eux même accompagnés de trois autres pyrénéens. Voilà une belle clique qui ne passe pas inaperçu à l’aéroport, le taxi n’a pas de mal à nous trouver… Après l’avion, c’est le taxi, et c’est reparti pour trois bonnes heures de routes avant d’atteindre notre but final, le village de Rum. Il fait nuit, nous n’y voyons pas grand-chose, je cherche à percevoir les prémices d’un paysage connu grâce aux photographies et aux récits d’autres grimpeurs, mais le sommeil l’emporte le plus souvent, le voyage parait alors rapide. Il doit être prêt de 4 heures du matin quand on atteint les portes du Wadi Rum, de grandes ombres se dessinent de part et d’autre de notre trajectoire, elles paraissent très grandes. Rum, le village, arrive rapidement, première à gauche au bout de la rue et nous nous retrouvons devant le portillon de chez Talal, d’où nous voyons surgirent deux ombres décoiffées et souriantes ; celle de Christian et de Julien arrivés avant nous autres là-bas. Juste le temps de décharger les sacs, suivi d’un petit malentendu avec le taxi, et d’arriver à la tente les pieds dans le sable, nous voici couchés, tous en rang d’oignon, près à passer une bonne nuit de sommeil.

Nous sommes dans l’ambiance bédouine, à 5 heures nous entendons au loin le muezzin, suivi de celui des coqs, des chiens, et de tous les animaux du village. Il est 6 heures il fait jour, Rum commence à s’agiter. Nous, nous nous permettons, épuisés par le voyage de la veille, quelques heures de sommeil en plus. Il est 9 heures quand nous émergeons éblouis par le soleil et la chaleur sous la tente, il est temps d'aller découvrir l’univers où nous nous trouvons ce matin là… Je sors la tête de notre tente bédouine émerveillée par ce qui m’entoure. Nous sommes dans un désert, d’où surgissent d’incroyables montagnes rouges à perte de vue ! Nous émergeons tranquillement autour d’un premier petit déjeuner bédouin accueilli par Talal, et la journée ne tarde pas à s’organiser. Nous voilà partis à l’intérieur de ces montagnes, à travers des canyons tortueux qui font penser à des sculptures géantes. La tête toujours en l’air nous nous exclamons ; je suis émerveillée par ce qui nous entoure, étonnée par les passages empruntés. Christian guide « presque bédouin » nous amène au pied d’un mur rouge où s’intercalent des traînées presque noires, une fissure quasi parfaite sur la droite, c’est là que je découvre, comme le dit si bien son nom « The Beauty ».



C’est sûr nous y sommes, l’escalade n’est pas facile mais incroyable ! Cet après-midi là, marque le début d’une semaine où les voies empruntées s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Tous les jours de nouvelles cordées se forment, chacune se répartissant en différents points du Wadi Rum : Pilar of Widsom, Merlin’sWand, La Guerre Sainte, Black Magic, Cœur de Lion, une tentative dans Water Line, Aquarius… ; nous découvrons le sommet du Djebel Rum grâce à l’incroyable Hammad’s Route. Tous les soirs autour d’un grand plat de « riz-poulet » les récits des uns et des autres fusent, sans jamais tarder pour organiser la journée du lendemain.


L’escalade jordanienne exigeante, en surprend plus d’un : certains découvrent les joies d’un

bivouac improvisé dans les grands dômes du Djebel Rum ; la frontale s’avère en général forte utile pour les descentes souvent tardive… Nous prenons alors, sans trop de difficultés, le rythme des journées bédouines, levés 5 heures avec le soleil et le muezzin, couchés 8 heures lorsque la nuit est déjà tombée depuis presque 2 heures. Puis peu à peu, les jours s’écoulent, nous faisons connaissances avec la famille de Talal (le foot est vraiment un sport qui n’a pas de frontière !).

L’heure du départ n’est plus très loin, nous sommes quelques uns à consacrer la dernière journée à un petit périple touristique, et même «un peu trop touristique ». Nous découvrons alors le fameux site nabatéen qu’est Pétra. Nous voulions ensuite vérifier si on pouvait lire le journal les pieds en l’air dans la Mer Morte, on est rassuré la photo n’est pas truquée !

La totalité du groupe se rejoint à Madaba près de Amman, où nous profitons des hammams jordaniens où un bain moussant géant est improvisé.

A présent c’est l’heure de partir, direction l’aéroport à minuit avec Christian, les autres partent que le matin suivant. Je suis dans l’avion, il parait qu’il fait froid en France, que les montagnes sont blanches, j’essais de m’y préparer mais tout va trop vite. A midi me voilà déjà largué par le train à la gare de Grenoble, c’est vrai qu’il ne fait pas très chaud ; je rentre chez moi, je ferme les volets, et j’essaie de me replonger dans ce fantastique voyage qui m’a donné une impression étrange de ne durer que le temps d’un rêve, d’une nuit...

vendredi 7 novembre 2008

jordanie





La jordanie

Ce n’est pas seulement un pays dépaysant aux couleurs magnifiques, c’est aussi un territoire chaleureux et accueillant.

Quelle surprise à l’aurore du premier jour d’être réveillé, sous une tante bédouine dans le petit village de Rum, par l’écho des chants du Muezzin: “Allah aq baaaar”.
Cette musique, cinq fois par jour, rebondit sur les immenses tours de gré et s’engouffre dans les étroits canyons sculptés par l’érosion du vent. Les formes étranges qu’on y trouve, des taffonis comme roussis par le soleil, dissimulent souvent de mystérieux chemins escarpés. Ce sont les routes bédouines qui conduisent au sommet du Djebel-Rum, du Nassrani et des autres montagnes gardiennes du désert d’Arabie.
Grimper dans le Wadi-Rum, c’est se lancer dans de superbes fissures, c’est jongler avec les lunules, c’est se balader sur une autre planète et dominer ses émotions pour résister au vide, au vertige, vertige des espaces immenses et insondables. 
Au nord, sur la route de la soie, Petra, cité des Nabatéens, est la capitale d’une ancienne civilisation disparue. Elle verra naître dans ce proche orient berceau de nos civilisations modernes, les grandes religions monothéistes.
Au sud, le dernier rempart avec le continent africain, la mer rouge. Mer rouge pourtant d’un bleu magnifique avec sa barrière de corail et ses poissons multicolores. 

Cà faisait longtemps que j’entendais parler de la Jordanie; les copains en parlaient, mon père en parlait. Ils évoquaient ce petit pays avec émerveillement.
Ils avaient raison.

julien laurent

vendredi 31 octobre 2008

La croix et la manière

Quelle belle saison pour faire de la falaise...










Quelques photos des dernières journées de couenne.

Zélus vendus, Zélus pendus!!! 21-08-2008

Quel plaisir que de se retrouver de nouveau au pied de nos chères aiguilles d'Ansabère. Cette fois-ci en compagnie de Martin, Julien (de Montpelier) et Florent, nous partons gentiment vers la cabane avec pour objectif le Spigolo de la petite aiguille pour Flo et Julien et « Zélu vendus, Zélus pendus » pour Martin et moi.

Il fait grand beau et il est déjà tard (on est avec Martin…) mais comme dit Martin : « Oh ! Mais ça va vite les voies, c’est pas très long, c’est que 200 mètres… ».
Je ne m’attarderai cependant pas sur la journée de Julien et Flo (voir article précédent sur notre cher Zizou…).



Pour nous, tout va bien et on fait toute la première partie dans la face Sud en corde tendue (jusqu’ au pied de l’écaille de Zélu).
Au dessus, une cheminée qui a l’ air bien lisse et étroite. J’y vais et constate malheureusement quelle est vraiment lisse. Vue ma forme olympique de la journée, je redescends sans vraiment essayer. Martin, après quelques contorsion, se faufile jusqu’au relais (6a+).

Je pars dans la 2ème longueur très décidé. Je m’élève dans la paroi de manière lente et délicate car l’équipement du début de la longueur n’inspire pas au vol (pitons qui bougent et pas moyen de renforcer…). En fin de longueur, j’arrive au premier spit. La sortie n’est pas loin : il reste une petit mur puis un rétablissement sur une marche. Après un pas bien dur au dessus du spit, je suis confronté à un problème : Soit je fais le pas pour atteindre la marche un mètre au dessus, soit je passe en artif sur un plomb que j’ai devant le nez. Avec les pieds en adhérence (et bien au dessus du point…) et les mains sur une pauvre réglette, il faut agir vite ! J’essai de monter en libre mais après deux essais (du type j’ai rien dans les mains et je monte les pieds à donf en adhérence…) je dois admettre mon manque d’attributs sexuels et met une dégaine dans le plomb. Je le teste. Il tient. Youpi (je suis heureux…). Je cherche une sangle pour mettre une pédale et VLAN ! C’est la déflagration… Je m’arrête un peu plus bas (5 mètres au dessus du relais) comme un con avec ma dégaine dans la main…
Je remonte pour tenter en libre mais je suis trop fatigué et n’ose pas vraiment m’engager (nouvelle déflagration…).
Heureusement, je suis avec JOKER Martin.
Il y va et passe magistralement (après un quart d’heure à serrer les réglettes).
Bravo Martin !! Il installe le relais car il manque les plaquettes (merci Christian d’avoir laissé une vis car nous n’avions que de écrous [pour des goujons]) et ajoute un piton (pourri).





La longueur suivante est celle avec le pendule et l’artif. Martin se perd et est obligé d’engager pour traverser à gauche. Le caillou est magnifique et l’escalade très dure et engagée. En second, je fais en libre l’artif (6c/7a, on a laissé les pitons en place) mais pas le pendule. Pour ne pas trop pleurer dans cette longueur, traverser à gauche au niveau du piton sur une vague rampe qui permet de contourner un éperon.
La dernière longueur est courte et nous la libérons (6c/7a).

Belle journée et bravo aux ouvreurs….



Topo très prochainement

lundi 20 octobre 2008

Totxaires Montrebey

Il s' agit du topo de Totxaires en paroi d' Aragon à Montrebey parcourue au début de l' année avec Martin.

Voie sérieuse et magnifique...

mercredi 8 octobre 2008

Un week-end Riglosien…

Les chutes de neige de ces derniers jours sur les Pyrénées, nous ont poussé à changer nos plans … l’Ossau attendra un peu …direction les milles et une patates de Riglos.


Nous quittons Anglet vendredi soir, sous la pluie, avec Clément ; le topo de « Maudite Aphrodite » et un jeu de Camalot dans le coffre de la voiture (il y avait un peu de bordel en plus y faut l’avouer !). Cette voie, ouverte par Christian Ravier et Philippe Barthez en 2002, nous intriguait…en plus, placer des coinceurs entre les galets rouges sera une nouvelle expérience.

Arrivé au village, nous trouvons la petite gare déserte. Mais le lendemain, surprise, le petit abri affiche complet…un groupe d’espagnols (silencieux !!!) est arrivé pendant la nuit. Drôle de réveil ! L’un comme l’autre nous ne les avons pas entendu débarquer.


Nous sommes au pied du Fire vers 10h, alors que le soleil commence à réchauffer nos doigts engourdis par le froid. Puis vient le moment du « tire au caillou qui commence» et comme d’habitude je perds ! C’est donc moi qui attaque (je déteste attaquer !).

Je m’élève de 5 m vers la lunule puis traverse à gauche en direction d’un spit. Le rocher est moyen il faut être concentré. Arrivé au point, je me détends un peu, ERREUR FATALE ! Une prise de pied cède alors que je suis en train de clipper et je me retrouve pendu sur un bras… Allez fini les blagues, le ton est donné, nous ne sommes pas dans une classique. La longueur remonte ensuite un dièdre au rocher friable (6a+). Je monte le relais sur 2 burils, et lance un « OK, relais » peu convainquant.


C’est au tour de Clément d’y aller. La voie continue dans le dièdre. Le rocher est toujours aussi moyen et les protections plutôt éloignées. Clément progresse doucement et après 10 m d’escalade, il m’annonce qu’il y a un relais « avec des super spits » juste là. Pour lui, c’est une reprise de l’escalade, après plus d’un an d’arrêt. L’hiver dernier, une mauvaise chute en ski lui avait coûté un genou et de longue séance de rééducations. En y réfléchissant, il devait certainement y avoir plus cool comme reprise…

La deuxième « vrai » longueur, traverse sur la droite et gagne le fil de l’éperon. Le rocher devient bon et l’escalade plus détendu (6a). Le relais est commun avec le Spigolo.


La troisième longueur franchie deux gros pansas directement, puis part dans un mur raide sur la droite. L’escalade y est athlétique et magnifique (6c).

La quatrième longueur et du même style (6c). Les protections, comme le rocher, sont sures. Le cheminement est évident. Grande classe…


Puis la paroi commence à se coucher. La cinquième longueur est longue (50m) mais très peu équipée (6b). On clipe quelques burils de temps en temps (???) Relais sur un spit et un vieux piton.

La longueur suivante verra Clément se mettre un taquet monumental, à quelques mètres du relais. Il s’agit d’une grande longueur (55m) avec un mur final bien corsé (6b+) et assez difficile à protéger. Equipement en place : une lunule, un mini clou avec du fil de fer (qui fait peur a voir !), et un coin de bois qui couine….

Je pars enfin dans la dernière longueur (6b). Le départ est logique. La voie franchie directement de très belles dalles grises. Mais attention, c’est pas fini : le mur final nécessite quand même un peu de sang froid ; il faut s’engager dans un mur raide et compact (un taquet de plus, un !). Une dernière longueur de corde en IV et nous voila au sommet….heureux. Des nuées de vautours tournoient sur les Mallos.


Un peu plus tard, chez Tonio, nous retrouvons Bernard (notre cher Président). Une collective du CAF était organisé ce week-end … message pour les initiateurs, dont je fais parti : un peu plus d’implications au sein du club serait souhaitable… Bref, tout ça pour dire qu’à ce moment de la soirée, nous cherchions une corde simple pour aller faire Opus Nigrum et Bernard, d’un simple clic, a résolu tous nos soucis. Et voila comment ce qui au début de la soirée était une bonne blague (aller dans Opus) c’est petit à petit transformé en meilleure idée de l’année….


Le lendemain, nous voilà donc au pied du mur. Le traditionnel jeu du caillou désigne Clément pour commencer. Cependant, aujourd’hui il n’y a ni perdant ni gagnant : tous le monde vas y passer !

La première longueur cote 6b. Très joli avec des points pas si loin que ça. Nous hissons un sac contenant les chaussures la flotte et le matos de bivouac (non, ça c’est pas vrai !). Le seul hic c’est que notre corde de hissage fait 55m. Pour la première longueur ça passe pile poil!

C’est à mon tour de me lancer. La seconde longueur côte 6a+. Les points sont pour le coup vraiment loin, mais les prises sont là et l’escalade est vraiment géniale. Voila une longueur majeure qui nous propulse directement à la moitié de la paroi. Par contre, la corde de hissage est trop courte et le second doit faire un peu de gymnastique pour la rechopper et accrocher le sac.

Les choses sérieuses peuvent enfin commencer (« continuer » serait plus approprié). La troisième longueur côte 7a+. Clément y va. Et après 20 m de grimpe, le gros taquet pointe le bout de son nez. Pas de vol, mais juste... Les points restent vraiment loin et les pas durs sont nombreux. Petit clin d’œil aux ouvreurs qui auraient pu installer le relais 10cm en dessous, ça aurait évité une belle crampe ! Relais complètement suspendu, l’ambiance est aussi gazeuse que dans la Visera…HUMMM….

J’arrive au relais, un peu farci et déjà je dois repartir pour une longueur de 7b+. L’escalade change de style. Elle se transforme en pas de bloc sur pas de bloc. Chaque pansas à droit à son hurlement. Je ne sais pas par quel miracle je ne suis pas tombé ! Tous le monde y croyait (même moi) et surtout la cordée d’espagnol qui grimpait à côté, dans la Murciana et qui à chaque pansas que je franchissait (à l’arrache la plus totale bien sur) m’encourageait.

Et nous voilà au sommet, tout étonné d’être là ! Rincé mais hyper contents… Finalement ce sont souvent des bonnes idées qui sortent de chez Tonio !


Pour une reprise, c’était une belle reprise !